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L'éducation spirituelle de nos enfants

Mis à jour : 8 déc. 2019


La sécularisation des musulmans semble avoir accompli son œuvre au regard de la faible transmission des piliers de l’éthique musulmane, des rites religieux et des pratiques spirituelles. Dans les familles qui pratiquent leur culte assidûment, on peut avoir tendance à considérer comme acquis certains aspects de l’islam sans ressentir le besoin de les traduire par des mots. Nous pensons qu’il existe, sans faire dans l’exhaustivité bien entendu, cinq causes qui peuvent expliquer l’éloignement de ces valeurs au sein des familles : l’ignorance des textes fondateurs, la négligence dans leur mise en pratique, l’interprétation erronée des textes, l’entêtement à suivre une doctrine, la suffisance justifiée par la vie moderne. La doctrine se vit dans le rapport aux autres et non pas seulement dans la parole qui l’énonce. Les valeurs morales ne se transmettent pas comme un savoir. Elles s’acquièrent et se construisent au gré de nos expériences et des modèles que nous suivons.

Rousseau, dans Émile ou de l’éducation, écrivait : « On ne connaît point l'enfance : sur les fausses idées qu'on en a, plus on va, plus on s'égare. Les plus sages s'attachent à ce qu'il importe aux hommes de savoir, sans considérer ce que les enfants sont en état d'apprendre. Ils cherchent toujours l'homme dans l'enfant, sans penser à ce qu'il est avant que d'être homme. Commencez donc par mieux étudier vos élèves ; car très assurément vous ne les connaissez point. ».

La transmission de savoir-être et de savoir-faire, favorisée par l’enseignement d’une morale éthique et religieuse, ne peut se réduire à des effets de discours. Les valeurs morales ont pour fonction d’amener l’homme à exister et à coexister selon des règles bien établies qui garantissent et son bien-être et celui de ses congénères. Pris sous cet angle, la morale ainsi enseignée n’a de sens que si elle s’inscrit dans un espace commun, un espace de socialisation qui nécessite de faire attention à soi et aux autres. Il ne s’agit donc pas seulement de limiter l’enseignement de ces valeurs morales à ce qui est bien et mal, à ce qui est juste ou pas ; le véritable défi est de pouvoir confronter, au quotidien, ces enseignements d’un point de vue pratique. Par exemple, si l’on enseigne à ses enfants que le vol est une abomination, qu’il constitue un mal sévèrement puni par la loi des hommes et par la loi divine, avons-nous transmis à proprement parler une valeur morale utile ? À priori, non. Nous nous sommes seulement contentés d’apporter une information sur la réalité d’un point particulier de la vie en société qui montre que tout vol est puni par la loi en général. Que l’enfant ou l’adolescent en soit informé ne dit en rien s’il a saisi ce que cela impliquait réellement de sa part en tant qu’individu vivant en société.

Des règles de vie prophétiques pour notre temps

En s’appuyant sur les récits de vie des Prophètes, de leurs épreuves, de leur relation à Dieu et aux Hommes, il nous est possible de mettre en relief les fameuses règles de vie universelles et intemporelles qu’il nous incombe de transmettre à nos enfants. Le tout en parfaite adéquation avec notre époque et tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés en tant que parents et citoyens. Le Prophète ( ﷺ ) est érigé en modèle à suivre comme mentionné dans le verset suivant :

« Dis : “Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieuxˮ. Dis : “Obéissez à Allah et au Messager. Et si vous tournez le dos... alors Allah n'aime pas les infidèles !ˮ »[1]

Sceau des prophètes, dernier Messager des grandes Traditions monothéistes, Muhammad est, pour tout musulman convaincu de sa prophétie, l’exemple suprême à suivre. Si les éloges à son égard ne manquent pas, ceux du Coran sont tout simplement émouvants parce qu’émanant de son Créateur :

« En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. »[2]

« Et tu es certes, d'une moralité éminente. »[3]

Que la moralité du Prophète soit mise en avant de cette manière par le Coran devrait susciter chez tout musulman un sentiment particulier et foule d’interrogations car c’est de cette mission (marcher avec leurs enfants dans les pas du Prophète) dont sont investis les parents. Transmettre non pas du halāl et du harām à en veux-tu en voilà, mais apprendre et réapprendre à se faire le messager des qualités morales du Prophète Muhammad, tel devrait être notre objectif et notre responsabilité à l’égard de nos enfants. Les interdits religieux façonnent l’homme, c’est un fait. En imposant les limites du sacré, en inculquant ce que la transgression peut causer comme torts, cela participe aussi de l’éducation morale. Seulement, les interdits ne font pas tout. Se focaliser sur les limites à ne pas franchir, c’est oublier, un tant soit peu, ce que la religion doit apporter à l’homme en termes de bonheur.


[1] Cor, 33, 21.

[2] Cor, 68, 4.

[3] Cor, 3, 31-32.






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